Tantra vs Breathwork

Pourquoi forcer le souffle n’est pas une voie tantrique et peut être dangereux

Le “breathwork” est aujourd’hui présenté comme une pratique libératrice, thérapeutique, parfois même spirituelle.
Le Tantra, lui aussi, travaille avec le souffle, l’énergie et la conscience.
La confusion est donc fréquente. Beaucoup pensent que ces approches se ressemblent.

Elles ne reposent pourtant pas sur la même vision du corps ni de la transformation intérieure.
Et cette confusion peut poser de vrais problèmes.

Même outil, visions opposées

Breathwork et Tantra utilisent le souffle.
Mais ils ne parlent pas le même langage intérieur.

Dans de nombreuses formes de breathwork moderne, le souffle est modifié volontairement, souvent de façon intense, afin de provoquer une expérience. Il s’agit de faire émerger des émotions, des souvenirs, des états modifiés de conscience ou des sensations fortes.

Dans le Tantra, le souffle n’est pas forcé. Il est observé, habité, accompagné. Il soutient la présence à ce qui est déjà là, sans chercher à produire un effet particulier.

Le breathwork agit sur le souffle.
Le Tantra reste avec le souffle.

Ce n’est pas une nuance technique. C’est un changement complet de paradigme.

Le mythe de la libération salvatrice

L’un des discours centraux du breathwork affirme que si une émotion sort, si le corps tremble, si quelque chose se décharge, alors il y a guérison.

Cette idée est trompeuse.

Une émotion peut émerger parce que le système nerveux est dépassé, parce qu’il est surstimulé ou parce qu’une défense s’effondre brutalement. Mais faire sortir une émotion ne signifie pas l’avoir intégrée.

Du point de vue tantrique, et aussi du point de vue psychologique, ce qui transforme réellement est la capacité à ressentir sans fuir, à rester présent sans se dissocier, à contenir ce qui traverse.

Le Tantra ne cherche pas à libérer.
Il cherche à stabiliser la présence dans l’expérience.

Les risques physiologiques du souffle forcé

Modifier la respiration de façon intense n’est pas anodin.

Certaines pratiques de breathwork peuvent entraîner des déséquilibres physiologiques, notamment entre l’oxygène et le dioxyde de carbone. Cela peut provoquer des vertiges, des étourdissements, des fourmillements, une tétanie ou une perte de repères corporels.

Ces manifestations sont parfois présentées comme des signes positifs ou comme la preuve que la pratique fonctionne. En réalité, elles sont souvent les marqueurs d’une dérégulation du système physiologique.

Dans l’approche tantrique, le souffle est un indicateur de l’état intérieur. Lorsqu’il devient chaotique, on ralentit et on revient à plus de simplicité. On n’intensifie pas davantage.

Les dangers psychiques de l’intensité non contenue

C’est probablement l’aspect le plus délicat.

Le breathwork intensif peut être risqué pour les personnes ayant vécu des traumatismes, présentant une tendance à la dissociation, une anxiété chronique ou une fragilité psychique non stabilisée.

Provoquer des états intenses sans cadre de contenance solide peut réactiver des traumas, fragmenter l’expérience intérieure, créer une dépendance à l’intensité ou donner l’illusion d’un travail profond tout en renforçant l’instabilité.

Le Tantra se montre très attentif à ces dynamiques. Il ne cherche jamais à dépasser brutalement les capacités du corps et de la psyché. Il s’inscrit dans une transformation lente, progressive et intégrée.

Une pratique récente face à une voie ancienne

Le breathwork est une construction contemporaine issue de multiples influences, comme la psychologie humaniste, certaines pratiques corporelles et des emprunts simplifiés au yoga.

Cela ne signifie pas que tout breathwork est mauvais, mais cela implique que les cadres sont variables, les formations inégales et les effets à long terme encore peu documentés.

Le Tantra est une voie ancienne, affinée sur des siècles d’observation du corps, de l’énergie et de la conscience. Il ne promet pas de résultats rapides. Il propose une transformation stable, incarnée et durable.

Pourquoi le souffle forcé n’est pas tantrique

Du point de vue tantrique, forcer le souffle rigidifie l’attention, réduit la sensibilité fine, crée des pics d’énergie non intégrés et favorise une forme de dissociation subtile, parfois confondue avec une expérience spirituelle.

Le Tantra privilégie la continuité, la lenteur et la capacité à rester avec l’inconfort sans se perdre. La transformation naît de cette présence soutenue, pas du choc.

Une position claire et responsable

Dire que le Tantra n’est pas du breathwork n’est pas une posture idéologique. C’est une question de responsabilité.

Le souffle est un outil puissant. C’est précisément pour cela qu’il mérite discernement et respect.

Le Tantra n’utilise pas le souffle pour provoquer.
Il ne cherche pas la libération comme objectif.
Il fait confiance à l’intelligence du vivant.

Il apprend à rester pleinement présent à ce qui est.

Enfin…

Le problème n’est pas le souffle.
Le problème est ce qu’on lui demande de faire.

Quand le souffle devient un moyen de forcer la transformation, on perd la subtilité et parfois l’équilibre.

Le Tantra propose une autre voie, celle de la présence, de l’intégration et du respect profond du vivant.

The non-dual tradition of Kashmir Shaivism, one of the philosophical roots of what is often called “Tantra,” offers a radically different understanding. Here, sensuality is neither indulgence nor transgression. It is a doorway to reality.

And this is the influence of the teachings that I want to share with you here.

Not pleasure-seeking, not moral rebellion—but direct perception.

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